Babanzanga

Babanzanga

Sortie de l'obscurité
12 Octobre - 2 Novembre 2018

Une des missions de l’Espace Texaf Bilembo est d’accueillir et de promouvoir les jeunes artistes en leur offrant une exposition individuelle dans leur capitale. Depuis une année déjà, Babanzanga prépare sa « sortie de l’obscurité ». Et le résultat est à la hauteur du projet : des portraits XXL, en gros plan, prennent vie sur un fond dense obscur.

La lumière sculpte les modelés d’une icône congolaise, caresse un profil harmonieux, un trois quart élégant. Inlassablement, un visage revient, anonyme et intime. Le regard, vivant, expressif et spirituel, cherche à voir plus loin.

BABANZANGA superpose sur chaque visage une signature graphique, comme un tatouage éphémère, qui souligne la beauté des volumes et les rend unique.

Des ajouts de couleurs vives et flash dynamisent l’ensemble. Voici une galerie de portraits qui donne au visiteur énergie et peps.

Félicitation BABANZANGA, pour cette RENAISSANCE !


 

BABANZANGA artiste plasticien

« dans ce que je fais, je suis à la recherche de la beauté, dans la peinture que je fais, je vois la beauté sur le visage».


Parlez-moi de vous. Comment êtes-vous devenu artiste?


Je dirais que l’art m’a rattrapé. Quand j’étais enfant en primaire, je ne pensais pas faire art, je pensais plutôt à l’électricité. Après avoir terminé l’école primaire, ma mère me voyait toujours en train de dessiner. Elle m’a dit que j’avais du talent, que je pouvais moi aussi devenir artiste, alors elle m’a inscrit à l’Académie des Beaux-Arts. C’est à ce moment-là que j’ai eu le goût de faire l’art.

 

Vous aviez mentionné que votre papa était lui aussi artiste peintre...


Avant que je ne commence la peinture, mon père était lui aussi un artiste, des premières générations de l’Académie des Beaux Arts. Quand il est décédé en 1997, j’ai commencé à dessiner, encore une fois l’art m’a rattrapé, je suis l’héritier de mon papa.

 

Tous ces portraits, quelle est votre inspiration?


J’ai commencé ma carrière artistique en 1997, mais c’est depuis 2000-2001 que j’ai commencé à participer à des expositions collectives, c’est à ce moment-là qu’il y a eu un déclic dans ma carrière artistique. J’ai beaucoup exposé en groupe, mais cette année j’ai décidé de faire une expo individuelle.

Nous y sommes, ici à Texaf Bilembo, lieu où se tient ma première exposition solo intitulée Renaissance. Elle est sous deux volets, le côté technique, celui des artistes de la Renaissance avec l’utilisation de la méthode du clair-obscur. Puis il y a le côté philosophique, la plupart des tableaux ici représentent le visage de ma fille à moi, je n’ai pas voulu faire d’autres portraits pour ne pas être confronté à la question des droits sur les images. Sur le plan philosophique, j’ai pris l’image d’un enfant, d’une adolescente, pour symboliser l’amour et puis pour renaître à nouveau.

 

Quelle est la signification des tatouages ou scarifications?


Les tatouages sont mes empreintes, mon identité. Quand j’ai eu l’inspiration de faire des portraits, je me suis demandé comment vendre ces portraits, sans que ce ne soit trop personnel. Je vis de l’art, la peinture est mon métier, je dois bien évidemment vendre mes œuvres. Je me suis demandé si je pouvais vendre le visage de quelqu’un. J’ai fait beaucoup de recherches dans les livres anciens, je suis tombé sur les danseurs traditionnels, les Kongo, les Luba, les Chokwe, j’ai regardé un peu les Masaï et les Sud-Africains… C’est de là que je me suis dit que je pouvais faire un visage combiné avec les scarifications.

 

Y a-t-il un fil conducteur dans ces motifs?


Chaque tableau est unique, je ne répète pas de motifs pour éviter la monotonie, et pour aspirer à l’inspiration. Afin de pouvoir m’exprimer, je dois changer les motifs de chaque toile. C’est aussi la liberté dans mon esprit.

 

Vous aimez que votre publique soit libre de faire sa propre interprétation de vos œuvres...


Exactement, parce que c’est un art vrai, tout le monde voit que c’est un visage, donc je laisse la liberté au « contemplateur » d’exprimer ce qu’il voit. Moi j’ai eu l’inspiration de faire la peinture, de changer, de créer les motifs.. Maintenant, l’œuvre d’art est multi dimensionnelle, je n’aime pas freiner les idées, la réflexion de quelqu’un est individuelle. Je donne beaucoup d’attentions, de détails à contempler dans mes peintures, les motifs, les yeux, le visage…

 

Le regard est-il important?


Oui, dans ce que je fais, je suis à la recherche de la beauté, dans la peinture que je fais, je vois la beauté sur le visage. Il y a bien sûr plusieurs beautés à interpréter, la beauté intérieure, la beauté extérieure, moi j’observe plus le visage, le regard qui représente la beauté de la personne.

 

Quel est votre artiste préféré, vivant ou pas?


Quand j’ai étudié l’histoire de l’art, j’ai découvert Rembrandt, c’est aujourd’hui mon artiste préféré, son talent, sa manière de traiter le regard, les yeux dans chaque tableau. Celui qui était reconnu comme étant le poète du clair-obscur. Mais dans l’histoire de l’art congolais, mon papa est ma source d’inspiration.

 

Quel est l’outil essentiel dans votre atelier?


Le pinceau, je travaille plus avec les pinceaux, j’utilise rarement le couteau.. Le pinceau, l’acrylique et la toile.

 

Si votre exposition devait voyager, où est-ce qu’elle irait?


Au Louvres, là où se trouvent les plus belles œuvres, ou à New York.

 

Que vous apporte votre art?


L’art m’apporte de la joie, quand je peins je suis à l’aise. L’art m’a permis d’être ce que je suis aujourd’hui. C’est ma vie.

 

Propos recueillis par Alexandra MAURER

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